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La menace du nématode pour la forêt wallonne

  • Anne Laffut
  • 14 nov. 2025
  • 3 min de lecture

  • Question écrite du 14/11/2025
    • de LAFFUT Anne

    • à DALCQ Anne-Catherine, Ministre de l'Agriculture et de la Ruralité

    Le nématode est un ver (Bursaphelenchus xylophilus) microscopique et dangereux pour les conifères qui bloque la circulation de la sève et induit la mort rapide des arbres qu'il infeste.



    Pour la première fois en France, un foyer a été détecté dans les Landes, a annoncé ce mardi 4 novembre le ministère de l'Agriculture français.



    Sa première détection dans l'Union européenne a eu lieu au Portugal en 1999 puis en Espagne en 2008.



    Après confirmation de la présence du ver dans certains conifères français, le ministère a alerté sur l'impact particulièrement important qu'aurait sa prolifération sur le territoire, parlant de menace sanitaire majeure et appelant à la plus grande vigilance sur les mouvements de bois résineux (notamment sous forme de palettes utilisées pour le transport des marchandises) en provenance d'Espagne et du Portugal.



    La présence du nématode dans les Landes françaises est-elle considérée comme une menace pour la forêt wallonne ?



    Des mesures particulières sont-elles envisagées pour protéger nos forêts de la présence de ce ver parasite et des ravages qu'il occasionne ?


  • Réponse du 09/12/2025
    • de DALCQ Anne-Catherine

    Le nématode du pin est un ver qui se reproduit rapidement dans les tissus conducteurs des pins. Cette prolifération conduit à l’obstruction des canaux conducteurs de sève. Les arbres atteints meurent rapidement. Ce nématode est originaire d’Amérique du Nord. Il s’est répandu en Asie avant d’arriver en Europe en 1999 au Portugal. Il a ensuite colonisé une petite partie de l’Espagne et a été détecté le 4 novembre 2025 en France. L’Union européenne considère ce parasite comme une menace sanitaire majeure pour les forêts et la filière bois.



    Pour se propager, le nématode du pin a besoin d’un vecteur. Ce vecteur est un insecte : le Monochamus ou capricorne du pin. Celui-ci fore des galeries dans le bois de pin. Le nématode se loge sur le système respiratoire du Monochamus et contamine d’autres arbres avec le déplacement de l’insecte. Le nématode est incapable de se déplacer et de coloniser de nouveaux arbres sans son hôte. Dans le cas d’une nouvelle infection, l’arbre peut mourir en 30 jours.



    Sur notre territoire, une surveillance existe depuis 2013 pour détecter d’éventuelles introductions de ce parasite. Cette surveillance est coordonnée par l’AFSCA au niveau fédéral, en étroite collaboration avec mon administration, en particulier l’Observatoire wallon de la santé des forêts au sein du SPW-ARNE/DEMNA. La stratégie s’articule autour de deux axes : la surveillance du vecteur par piégeage et des prélèvements de bois sur des arbres afin de détecter la présence du nématode.



    Depuis 2013, le nombre de captures de Monochamus sur notre territoire est de quelques individus seulement. Ces individus sont souvent issus du transport de marchandises et voyagent par exemple dans le bois de palettes de transport. Les 13 années de surveillance n’ont pas permis de mettre en évidence de population de Monochamus installée en Wallonie. La surveillance de l’AFSCA sur les produits à base de pin ou sur les sites à risque a déjà permis de bloquer et de détruire des chargements contaminés avant leur mise sur le marché.



    La situation en France est effectivement très préoccupante. Dans les landes le pin couvre une superficie de 13 000 km² avec une présence forte du Monochamus. La situation en Wallonie est fondamentalement différente. La densité de pin en Région wallonne est bien plus faible. De plus, les piégeages de ces 13 dernières années confirment qu’aucune population du vecteur ne semble installée chez nous.



    Malgré ce faible risque, mon administration continue la surveillance chaque année au travers du travail de l’Observatoire wallon de la santé des forêts en étroite collaboration avec l’AFSCA. Nous restons vigilants, même si tous les indicateurs montrent un niveau de risque faible sur notre territoire.

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