top of page

La situation de la production laitière en Wallonie

  • Anne Laffut
  • 14 nov. 2025
  • 3 min de lecture

  • Question écrite du 14/11/2025
    • de LAFFUT Anne

    • à DALCQ Anne-Catherine, Ministre de l'Agriculture et de la Ruralité

    La production laitière fait face à des remous inédits, entre prix en baisse, concurrence internationale accumulée, et consolidations européennes.


    La Belgique semble aujourd'hui en mauvaise posture dans ce marché hautement concurrentiel. Nos grandes laiteries ont tendance à disparaître ou à se faire racheter par un concurrent étranger, faute d'avoir diversifié assez tôt leur modèle économique historique.


    La Wallonie, de son côté, et en particulier la Laiterie des Ardennes, dernière grande laiterie belge, accuse un décrochage conjoncturel accru, de l'ordre de huit centimes par litre à cause de son « mix produit », orienté beurre et lait en poudre, plus sujet à fluctuations des prix sur les marchés mondiaux, comparés aux acteurs néerlandais ou danois qui ont opté, voici plusieurs années, pour la valeur ajoutée, avec le fromage et des produits de marque.


    Même si certains acteurs du secteur parlent d'un horizon 2035 plus favorable, en raison d'une demande mondiale croissante et d'une pression sur la production de lait, pour la Laiterie des Ardennes, les perspectives ne sont pas bonnes, de l'avis même de ses dirigeants qui, en plus de connaître une situation industrielle et concurrentielle délicate, estiment qu'« on n'est pas encore au plus bas en termes de prix du lait ».


    Quelles mesures Mme la Ministre peut-elle mettre en place pour assurer au secteur laitier un ancrage belge pérenne et réduire la pression sur nos producteurs confrontés aux importations laitières ?


  • Réponse du 29/12/2025
    • de DALCQ Anne-Catherine

    On souligne à juste titre que la filière laitière traverse une période délicate, marquée par une baisse des prix après plusieurs années de niveaux exceptionnellement élevés.


    Au niveau européen, l’Observatoire du marché du lait indique qu’en septembre 2025, les livraisons de lait ont augmenté d’environ 4 % dans l’Union européenne par rapport à septembre 2024. Dans le même temps, la production de beurre et de certains fromages a progressé, tandis que la fabrication de poudre de lait est en recul.


    Cette reprise, observée non seulement dans l’UE, mais aussi aux États-Unis et dans d’autres régions exportatrices, exerce une pression à la baisse sur les cours internationaux du beurre et de la poudre de lait.


    Dans l’ensemble, une grande majorité du lait produit en Wallonie est encore collectée par des entreprises implantées sur le territoire wallon et une part importante est transformée localement, ce qui garantit un ancrage industriel réel, même si sa pérennité doit être consolidée.


    Le paiement de base, les écorégimes et les mesures agroenvironnementales complètes sont autant de mesures pour soutenir le secteur. De plus une part importante des moyens wallons est dédiée aux aides couplées pour les troupeaux bovins, dont les vaches laitières, afin de maintenir la production en zones herbagères et soutenir les exploitations familiales.


    Les aides à l’investissement constituent également un levier majeur : robotisation, bien-être animal, réduction des coûts énergétiques et conformité environnementale. Elles soutiennent aussi la transformation et la diversification à la ferme.


    Concernant la gestion de crise, des « filets de sécurité » existent au niveau européen : stockage privé ou public de certains produits laitiers et mesures exceptionnelles de soutien au titre de l’Organisation commune de marché. Les prix de référence permettant l’activation de l’intervention publique, fixés par le règlement OCM, s’élèvent à 169,80 euros/100 kg pour la poudre de lait écrémé et 221,75 euros/100 kg pour le beurre. Au 26 novembre dernier, les prix de marché restaient au-dessus de ces seuils, avec un prix de la poudre de lait écrémé à 212 euros/100 kg et un prix du beurre à 545 euros/100 kg. Je plaide au niveau européen pour une révision à la hausse de ces prix d’intervention, pour prendre en compte l’inflation, afin de renforcer la crédibilité de ces filets de sécurité, de mieux refléter les coûts de productions supportées par les éleveurs et d’envoyer un signal clair au marché quant à la nécessité de garantir une rémunération plus juste de la production laitière. Il sera également indispensable, dans la prochaine PAC post -2027, de prévoir des instruments de stabilisation plus réactifs et davantage alignés sur l’évolution des coûts de production, afin d’assurer une véritable protection des revenus en période de crise.


    Il est important de construire des filières de produits à forte valeur ajoutée. L’industrie laitière doit s’organiser pour capter la valeur ajoutée par la transformation du lait en produits à forte valorisation comme le beurre, les protéines, le lactosérum. Ces ingrédients spécialisés sont des vecteurs importants pour la croissance économique de nos élevages laitiers.


    En concertation avec les organisations professionnelles et les acteurs de la filière, je suis très attentive à l’évolution de cette filière laitière.

Commentaires


bottom of page