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La présence de grands gibiers le long des axes autoroutiers et des voies rapides

  • Anne Laffut
  • 13 nov. 2025
  • 3 min de lecture

  • Question écrite du 13/11/2025
    • de LAFFUT Anne

    • à DESQUESNES François, Ministre du Territoire, des Infrastructures, de la Mobilité et des Pouvoirs locaux

    Cela fait plusieurs années maintenant que la présence de sangliers, le long d'axes autoroutiers ou à quatre bandes, est attestée, comme le long de la E411 entre Wellin et Libramont, constituant un réel danger pour les usagers.


    En cause, l'état des clôtures censées empêcher la présence du gibier le long de ces voies rapides.


    M. le Ministre dispose-t-il de données permettant d'évaluer l'ampleur de la situation (nombre et gravité des accidents sur ces axes rapides par suite d'une collision avec du grand gibier, état des lieux et identification des tronçons posant problème, km de clôture à remplacer) ?


    Quelles mesures compte-t-il prendre pour corriger cette situation et diminuer de manière efficace les risques de collision avec ce gibier ?


  • Réponse du 10/12/2025
    • de DESQUESNES François

    Sur la section concernée soit sur l’E411/A4 entre Wellin et Libramont, seuls deux accidents avec gibier ou un animal domestique ont été recensés entre 2015 et 2024 : le premier en 2016 à la BK 106.9, le second en 2017 à la BK 111.8 (source : AWSR/Statistics Belgium).


    J’attire toutefois l’attention sur le fait que nous ne disposons que des données concernant les accidents ayant impliqué des dégâts corporels. Ces données proviennent des constats encodés par les différentes zones de police et ne permettent pas de connaître les caractéristiques de l'animal (domestique ou non, taille ou espèce). Nous savons seulement que c'était une collision impliquant un animal sans autre précision. À noter que le nombre d’accidents impliquant un animal et repris dans les données à notre disposition est très faible au niveau régional : moins de 0,5% des accidents géolocalisés.


    En ce qui concerne les clôtures, je me permets de rappeler qu’aucune obligation légale de poser des clôtures de protection contre les divagations du gibier n’est imposée ni au gestionnaire de la voirie, ni aux propriétaires forestiers, ni aux sociétés de chasse. Les clôtures à gibier ont été, à certains endroits bien déterminés, aménagées en bordure des autoroutes, sur base des recommandations du SPW Agriculture, Ressources naturelles et Environnement (DNF) ; elles sont parfois complétées par des passages à gibier supérieurs (ponts) ou inférieurs (tunnels), ainsi que des passages canadiens au droit des extrémités des bretelles d’entrée/sortie des échangeurs. Certains aménagements sont aussi, exceptionnellement, réalisés le long de routes à 2x2 voies, souvent à l’initiative des Sociétés de chasse et sur domaine privé. De même, dans des circonstances exceptionnelles, des clôtures à gibier peuvent être installées de manière temporaire : tel a été le cas dans le cadre de la lutte contre la peste porcine africaine (PPA) en vue de contrer le développement géographique de la maladie.


    Pour le reste, en l’état actuel des lignes directrices du Service public de Wallonie, Il n’est pas prévu de multiplier les aménagements de cette nature sur les autres voiries régionales. Indépendamment de la faisabilité technique et financière, l’efficacité des clôtures, tant au niveau de la sécurité routière - primordiale pour nos services - que de la protection de la faune, n’est en effet pas sans équivoque (certains recommandent précisément de les supprimer dans l’intérêt des animaux). En outre, ces dispositifs ont d’autres implications : traitement et gestion des accès, risque de concentration des traversées aux extrémités, risque de piégeage côté voirie, et cetera.


    Concernant l’entretien des clôtures existantes, je confirme que les travaux de remise en état se font progressivement en fonction de la priorisation des actions à mener. Des travaux de dégagement de clôtures rendues inaccessibles avec la croissance de la végétation ont été menés en 2024 et 2025 sur l’E411/A4, dont la moitié sur la section faisant l’objet de la présente question, pour environ 55 000 euros financés par la SOFICO. Une fois les accès rétablis, des campagnes de remise à niveau des clôtures sont programmées. Cette remise en ordre progressive est principalement menée avec les agents de la régie ; les frais étant ainsi réduit aux fournitures. Une vingtaine d’interventions sur les clôtures ont ainsi été recensées ces 12 derniers mois.


    Par ailleurs, en 2024, 64 000 euros ont été investis par la SOFICO pour remettre à neuf les anciennes clôtures au niveau des aires de repos pour empêcher les usagers (en particulier les enfants) de circuler sur l’autoroute.

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