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Les mesures wallonnes face à une sous-vaccination contre la maladie pneumococcique

  • Anne Laffut
  • 20 mars
  • 3 min de lecture

  • Question écrite du 10/09/2025
    • de LAFFUT Anne

    • à COPPIETERS Yves, Ministre de la Santé, de l'Environnement, des Solidarités et de l'Economie sociale

    Récemment, Yves Van Laethem alertait sur le niveau record de la maladie pneumococcique en Belgique, précisant que près de 70 % de ces 2 120 cas relevaient de sérotypes inclus dans les vaccins disponibles, ce qui laisse penser qu'une large part de ces infections auraient pu être évitées si les personnes éligibles avaient été vaccinées.


    Cette sous-vaccination était dans le même temps relayée par Iqvia, entreprise spécialisée dans les données en matière de santé, qui avançait le chiffre d'une couverture vaccinale de seulement 13 % dans les groupes à risque identifiés par le Conseil supérieur de la santé, en insistant sur les disparités régionales : deux tiers des doses de vaccins ont été consommées au nord du pays.


    Quelles mesures ont été prises pour remédier à cette situation ?


    De manière générale, quelles mesures M. le Ministre a-t-il prises pour augmenter le taux de vaccination d'une population qui, pour une part, apparaît de moins en moins réceptive aux vaccins ?


  • Réponse du 09/10/2025
    • de COPPIETERS Yves

    À ce jour, il est difficile d’évaluer avec exactitude la couverture vaccinale contre le pneumocoque chez les personnes de 65 ans et plus et autres groupes à risque en Wallonie. L’implémentation de l’obligation d’un encodage numérique par les vaccinateurs ainsi que la digitalisation du carnet de vaccination (Vaccicard) permettront à l’avenir de disposer rapidement de ces informations. Les chiffres cités dans l’article de presse que l’honorable membre cite expressément étaient issus des ventes en pharmacie. Dans le rapport du CSS n°9674, on parle d’une couverture en Belgique variant entre 8,5 % et 12,6 %. Par ailleurs, une étude estimant la couverture vaccinale en Flandre (à 32 %) a montré que dans leur échantillon, les patients atteints de VIH étaient les plus vaccinés (72,6 % - Boey et al, 2020).


    Le premier obstacle rencontré pour promouvoir cette vaccination est le manque de formation initiale ainsi que de diffusion d’informations actualisées vers les professionnels eux-mêmes. Les avis du CSS au sujet de la vaccination contre le pneumocoque sont complexes et ont dû être modifiés au fil du temps, en fonction de l’arrivée de nouveaux vaccins et de l’épidémiologie des sérotypes circulants. Actuellement, par exemple, 4 vaccins avec différents sérotypes de pneumocoques sont disponibles en Belgique.


    Un travail important est donc de résumer et de diffuser largement auprès des professionnels les dernières mises à jour des schémas vaccinaux recommandés par le CSS, ainsi que les groupes ciblés. Il s’agit d’une des missions du Guide de la vaccination des adultes, mis en ligne sur le site de l’AVIQ et actualisé régulièrement :


    https://www.aviq.be/fr/prevention-maladies/vaccination


    Dans le même but, la campagne de vaccination automne/hiver 2025-2026 intègre cette année 4 vaccinations : celles contre la grippe et le covid-19, mais aussi celles contre le VRS et le pneumocoque. Les courriers informatifs viennent d’être envoyés aux médecins généralistes, aux hôpitaux, aux pharmaciens, aux médecines du travail, aux maisons de repos ainsi qu’aux collectivités de la santé mentale, du handicap, de la revalidation et de l’action sociale.


    Le grand public sera informé au sujet de cette campagne à partir de la mi-octobre. Les agents de prévention des organismes assureurs ont déjà été sollicités. La vaccination contre le pneumocoque est en effet mal connue du public cible : selon une étude réalisée en Flandre, 89 % des personnes appartenant au groupe cible non vacciné ont déclaré ne pas être au courant de la recommandation de vaccination (Boey et al, 2020).


    Le site www.vaccination-info.be comporte une page spécifique au pneumocoque qui a été mise à jour cette semaine.


    Un autre frein à cette vaccination est son coût (67,51 euros). Alors qu’une dose unique est recommandée à tous, même en bonne santé, à partir de 65 ans, elle n’est remboursée par l’INAMI que pour certaines catégories de patients.


    Enfin, le maintien et le soutien à la vaccination gratuite des enfants contre cette pathologie sont primordiaux. La Fédération Wallonie-Bruxelles a inclus cette vaccination dans son calendrier vaccinal, ce qui a eu un effet indirect sur la circulation des différents sérotypes et a engendré une diminution des hospitalisations des aînés pour le motif d’infections à pneumocoques.

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