Le centre d’enfouissement technique (CET) d’Habay-la-Neuve
- Anne Laffut
- 17 déc. 2025
- 4 min de lecture

Question écrite du 17/12/2025
de LAFFUT Anne
à COPPIETERS Yves, Ministre de la Santé, de l'Environnement, des Solidarités et de l'Economie sociale
Le centre d'enfouissement technique (CET) d'Habay, situé en amont de la Semois et du Parc national de la Vallée de la Semois, représente un point critique pour la préservation de la qualité des eaux. Les rejets du site, acheminés vers la Semois via les ruisseaux de la Tortrue et /ou des Coeuvins, exigent une vigilance constante et une gestion rigoureuse des eaux traitées.
Avec le développement des filières de recyclage, les déchets enfouis dans le CET d'Habay ont évolué vers des déchets ultimes dont une part croissante est constituée d'amiante.
Cette transformation a-t-elle conduit à une adaptation des contrôles afin de répondre aux risques spécifiques qui sont liés ?
Quelle est la limite maximale de concentration autorisée dans les eaux des rejets du CET d'Habay ?
Sur base de quel référentiel cette limite maximale a-t-elle été fixée ?
Quelles sont les mesures anticipativement prévues en cas de pollution à l'amiante des eaux du CET ?
Aujourd'hui la SCRL IDELUX ENVIRONNEMENT projette d'introduire une demande de permis unique pour le site de gestion des déchets situé à Habay-la-Neuve, demande qui devrait recevoir un avis positif et être assortie d'une augmentation de la capacité d'enfouissement.
Dans un contexte marqué par la performance énergétique et la rénovation du bâti, en l'absence de solution alternative à la prise en charge de l'amiante, le CET d'Habay risque d'être confronté à une demande accrue d'enfouissement de ce type de déchet, dont le transport massif constitue un risque important pour la santé publique et l'environnement.
La limite aujourd'hui fixée à 15 % de déchets extérieurs au territoire des 54 communes membres de l'intercommunale Idelux Environnement sera-t-elle maintenue à l'avenir ?
Réponse du 28/01/2026
de COPPIETERS Yves
L’élimination des déchets d’amiante en CET de classe 2, tel que le CET d’Habay-la-Neuve, est strictement limitée aux déchets d’amiante liés à un support inerte et non friable (exemple amiante-ciment). De plus, les déchets d’amiante doivent obligatoirement être conditionnés dans des sacs spécifiques ou big-bags à double paroi en plastique. Ces sacs sont spécialement conçus pour résister aux chocs et aux déchirements.
Ces impositions concernant l’emballage des déchets d’amiante sont obligatoires sur toute la filière de gestion ; dès le chantier de désamiantage, durant le transport vers le CET et in fine, lors de leur manipulation jusque dans la cellule d’enfouissement.
Dès lors, le dispositif mis en place garantit une maîtrise optimale du risque de libération de fibres d’amiante.
Si malgré toutes les précautions, des déchets et/ou des fibres d’amiante s’échappent des big-bags dans le CET, la nature des fibres est telle qu’elles ne sont pas solubles dans l’eau et ne peuvent pas, vu leur taille, migrer au travers du massif de déchets en raison d’une trop faible porosité. Ces fibres ne se retrouvent dès lors pas - ou de manière tout à fait marginale - dans le percolat.
Si de fines particules d’amiante devaient toutefois se retrouver dans le percolat non traité, elles iraient se déposer dans la boue issue du traitement du percolat et ne seraient donc pas présentes dans le rejet d’eaux usées vers la Tortrue, après épuration.
Les déchets d’amiante éliminés en CET ne présentent aucun risque ni pour les eaux souterraines, ni les pour les eaux de surface. Il n’y a donc aucune obligation de contrôle de la présence d’amiante ni dans les eaux souterraines, ni dans les rejets d’eaux usées du CET.
Pour la bonne information, les permis d’environnement octroyés à la SCRL IDELUX ENVIRONNEMENT, autorisant l’exploitation du CET, exigent le contrôle régulier de la qualité des eaux rejetées hors du site. Les paramètres concernés, ainsi que la fréquence des analyses et les normes applicables, sont spécifiés dans les permis et découlent des conditions sectorielles liées à l’exploitation des CET.
Dans les permis, il est également imposé que des contrôles soient effectués sur le cours d’eau récepteur, en amont et en aval du point de rejet. Ceci afin de contrôler l’impact du rejet sur le cours d’eau.
L’ensemble des contrôles imposés dans les permis doivent être effectués par un laboratoire agréé, à charge de l’exploitant.
Les résultats des analyses sont transmis annuellement au DPC. Sur base de ceux-ci, il est constaté que les contrôles du CET de Habay imposés sur les rejets d’eau sont effectués conformément aux exigences réglementaires et qu’aucun dépassement de norme n’a été observé depuis 2007.
Afin de s’assurer que les contrôles réalisés sont corrects, des campagnes de prélèvements et d’analyses ont par ailleurs été réalisées en parallèle par l’Institut scientifique de service public (ISSeP) à la demande du Département de la Police et des Contrôles. Les dernières campagnes de contrôles ont été effectuées en 2022 et 2023 et une nouvelle campagne est planifiée en 2026. Aucune anomalie n’a été mise en évidence lors de ces campagnes.
Concernant une éventuelle extension de la capacité d’accueil du CET d’Habay, l’autorisation d’exploitation actuelle du CET autorise l’exploitation d’un casier non encore opérationnel. À ce jour, l’administration n’a reçu aucun dossier relatif à l’aménagement technique de celui-ci.
Pour la limite fixée à 15 % de déchets extérieurs au territoire des 54 communes membres de l'intercommunale Idelux Environnement, aucune modification n’est à l’ordre du jour et elle reste en vigueur jusqu’à échéance du permis en janvier 2028.

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