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  • Photo du rédacteurPARLEMENT DE WALLONIE

Le travail de la Wallonie en matière de dépistage du papillomavirus humain



  • Question écrite du 23/06/2023

    • de LAFFUT Anne

    • à MORREALE Christie, Ministre de l'Emploi, de la Formation, de la Santé, de l'Action sociale et de l'Economie sociale, de l'Egalité des chances et des Droits des femmes

Il existe aujourd'hui sur le marché des autotests, simples, fiables et peu coûteux, permettant aux femmes de vérifier si elles sont infectées par le HPV. La Suède l'utilise à grande échelle, comptant bien, par ce moyen, éradiquer la présence du virus au sein de sa population dans un délai de cinq ans. Nous le savons, en matière de lutte contre le papillomavirus, la Wallonie est à la traîne avec seulement 47% des élèves vaccinés en FWB, à la différence de la Flandre qui affiche un taux de vaccination de 85%. Le vaccin est une des solutions pour lutter contre cette infection à laquelle sont exposées, au cours de leur existence, 8 personnes sur 10, même si toutes, et loin de là heureusement, ne vont pas développer de cancer. Ce n'est pas la seule des solutions : le dépistage et le traitement, comme à chaque fois avec les cancers, administrés le plus tôt possible, dès que les lésions apparaissent, sont les deux autres moyens pour y parvenir. Dans les 3 cas, vaccination, dépistage, traitement, l'autotest a un rôle à jouer et il est de premier plan. Quelles actions Madame la Ministre a-t-elle menées pour améliorer le dépistage du HPV et celles-ci sont-elles inspirées de ce modèle suédois ?

Le cancer du col de l’utérus est le 4e cancer le plus important chez les femmes de 25 à 44 ans. En 2019, on dénombrait près de 604 femmes atteintes d’un cancer du col de l’utérus en Belgique. En Wallonie, quelque 200 cas de cancer du col de l'utérus sont diagnostiqués chaque année. L'âge moyen au diagnostic est de 54 ans et le taux de survie à 5 ans est d'environ 60%. En 2017, en Wallonie, 48% des femmes âgées de 25 à 64 ans ont réalisé un dépistage du cancer du col de l'utérus. Selon l’Organisation mondiale de la santé, pour descendre au niveau critique de moins de 4 cas/100 000 femmes par an, trois objectifs sont énoncés : • au moins 90 % de couverture vaccinale des filles avant l’âge de 15 ans ; • 70 % de couverture de dépistage avec un test de haute précision ; • 90 % de prise en charge des femmes dépistées positives (atteintes de lésions précancéreuses) ou d’un cancer. En Belgique, nous devons persister dans nos efforts tant au Nord qu’au Sud. En Europe, les pays de l’Est sont ceux qui montrent l’incidence et la mortalité les plus élevées. À l’échelle mondiale, les pays les plus touchés sont les pays d’Afrique subsaharienne, d’Amérique centrale, des Caraïbes, de l’Asie du Sud-Est ainsi que plusieurs archipels en Océanie. De l’autre côté, les taux les plus bas d’incidence et de mortalité sont observés dans la région méditerranéenne, l’Afrique du Nord et l’Asie de l’Ouest, car l’incidence du virus HPV là-bas y est moindre. Au vu de la prévalence du virus en Europe, en Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Zélande, il est certain que sans dépistage, les taux d’incidence et de mortalité seraient bien plus élevés. En comparant la Belgique avec les autres nations européennes en termes d’incidence et de mortalité, il est observé que nous nous situons entre le Danemark et l’Angleterre, dans le dernier tiers. Voir annexe. Ailleurs dans le monde, l’Australie est également exemplaire en ayant introduit la vaccination très tôt et atteignant une excellente couverture vaccinale. Son programme de dépistage fonctionne, est efficace et est accompagné d’un bon contrôle qualité. Concernant le dépistage, la Région participe au GT HPV Roadbook réunissant les différentes entités fédérées, Sciensano et le SPF Santé publique. Ce GT est l’occasion de discuter de la problématique du taux de participation au dépistage HPV, mais aussi et surtout, d’aborder la question des tests utilisés dans les dépistages actuels. Actuellement en Belgique, le dépistage du cancer du col de l’utérus se fait par le « Pap-test » qui correspond à ce que l’on appelle l’examen cytologique, c’est-à-dire à un frottis de cellules du col. Cet examen doit se réaliser chez toutes les femmes de 25 à 64 tous les 3 à 5 ans. L’INAMI rembourse ce test 1 fois tous les 3 ans depuis 2009. D’un autre côté, il existe le test HPV qui est un examen cherchant la présence d’ADN du virus HPV qui est une infection transmise par voie sexuelle. Ce test, à l’heure actuelle, est uniquement remboursé comme examen complémentaire chez les femmes dont le Pap-test présente des anomalies. Plus de 99 % des cancers du col de l’utérus sont provoqués par une infection chronique par papillomavirus. La Suède, comme l’honorable membre l’évoque, combine l’utilisation du test HPV comme test principal dans les dépistages ainsi que l’envoi d’autotests. En Belgique et ce, par rapport aux recommandations de l’Europe, il est prévu que le test HPV devienne l’examen principal pour le dépistage du col de l’utérus dans la tranche d’âge 30-65 ans (recommandé tous les 5 ans) et donc sera remboursé par l’INAMI. Pour les femmes âgées de 25 à 29 ans, l’examen cytologique reste la première étape du dépistage. Ce changement devrait s’opérer au cours de l’année 2024. De plus, afin d’augmenter la participation, l’une des pistes serait également l’utilisation d’autotest. Cette dernière piste fait également l’objet de discussion sein du GT HPV Roadbook. Néanmoins, nous attendons les résultats d’une étude, toujours en cours, pour vérifier le rapport coût/efficacité. C’est effectivement une piste prometteuse, mais trop précoce à ce stade. En outre, un projet d’arrêté du Gouvernement wallon poursuivra bientôt son parcours légistique afin de pouvoir installer durablement un programme organisé de dépistage du cancer du col de l’utérus en Wallonie. Enfin, parallèlement à ce projet, différentes associations financées par la Région travaillent sur la sensibilisation du public à la question de la vaccination contre le HPV, et plus largement à la problématique des IST.

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