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Le manque de médecins spécialistes en Wallonie




  • Question écrite du 16/02/2023

    • de LAFFUT Anne

    • à MORREALE Christie, Ministre de l'Emploi, de la Formation, de la Santé, de l'Action sociale et de l'Economie sociale, de l'Egalité des chances et des Droits des femmes

Pressant appel à l'aide d'une ophtalmologue en Province de Luxembourg : La Province de Luxembourg compte aujourd'hui treize ophtalmologues pour 293 000 habitants. Nous devrions être vingt-neuf. A ce rythme, d'ici dix ans, nous ne serons plus que quatre. C'est-à-dire que six patients sur sept devront consulter en dehors de la province. Et de proposer pour lutter contre ce manque de professionnels de la santé - qui touche d'autres spécialisations médicales - un recensement des médecins spécialistes par province permettant sur base des lieux et des temps de travail déclarés, d'établir les postes vacants par région et d'anticiper les besoins à venir, en fonction d'un service minimum à assurer pour le bien-être de la population locale, à charge pour les médecins nouvellement diplômés d'occuper ces postes en priorité. Pareille solution est-elle envisageable en Wallonie ? Existe-t-il des alternatives aujourd'hui à l'étude pour répondre aux pénuries les plus marquées ? Dispose-t-on d'un état des lieux de la situation dans les différentes provinces wallonnes ?

  • Réponse du 03/04/2023

    • de MORREALE Christie

La fixation du nombre de candidats qui ont annuellement accès à la formation de médecin généraliste et de médecin spécialiste en Belgique relève de la compétence du Fédéral. La commission de planification – offre médicale examine les besoins en matière d’offre médicale pour les médecins, les dentistes, les kinésithérapeutes, les infirmières, les sage-femmes et les logopèdes. Depuis la sixième réforme de l’Etat, les avis rendus à propos du contingentement concernent uniquement les nombres globaux. Les communautés sont compétentes pour fixer les sous-quotas relatifs aux spécialisations en médecine et en dentisterie. À la suite de ce transfert de compétences, la Fédération Wallonie-Bruxelles a mis sur pied en 2021 une Commission de planification francophone chargée d’analyser les besoins du terrain et les spécificités régionales. Rappelons qu’en ce qui concerne la distribution des numéro INAMI, un accord a été réalisé entre la Fédération Wallonie-Bruxelles et le Fédéral. Cet accord permettra d’assurer une planification de l’offre médicale et de mieux la répartir en fonction des besoins territoriaux. Les quotas minimums pour 2028 sont fixés à 1058 pour la Communauté flamande et 711 pour la Fédération Wallonie-Bruxelles. Actuellement, les étudiants ont la garantie d’obtenir un numéro INAMI à la sortie de leurs études. Les numéros INAMI excédents seront orientés par les communautés de manière prioritaire vers les spécialités en pénurie. Après 2028, les quotas pourront évoluer en fonction des besoins de terrain et seront calculés annuellement. Les différentes régions du pays devront s’engager à trouver un accord afin de constituer un organe interfédéral permettant la planification de l’offre médicale en le corrélant avec les besoins des citoyens de chaque région. La Commission fédérale de planification de l’offre médicale considère douze spécialités comme sensibles en raison des déséquilibres existants : anatomie pathologique, biologie clinique, radiodiagnostic, radiothérapie, rhumatologie, chirurgie orthopédique, gynécologie, médecine interne, gériatrie, médecine physique et revalidation, oncologie médicale et psychiatrie (adulte). Afin de pallier la pénurie de certaines spécialités, il a été décidé d’en exempter certaines du quota fédéral. Ainsi la psychiatrie, la rhumatologie, l’anatomie pathologique, l’oncologie, la rhumatologie et la biologie clinique ont été séparées de l’effectif pour les étudiants qui termineront leur formation de base en 2026. L’ophtalmologie n’est donc pas une spécialité considérée comme sensible. Il est vraisemblable que la problématique soit davantage due à la mauvaise répartition des médecins en Wallonie qu’au nombre total de médecins. Selon le SPF Santé publique (Rapport Statan au 31/12/2021), le nombre d’ophtalmologues par habitant diffère en effet d’une province à l’autre : 1 pour 4 997 habitants en Brabant wallon, 1 pour 17 778 dans le Hainaut, 1 pour 7 456 en Province de Namur, 1 pour 17 126 en Province de Luxembourg et 1 pour 8 465 en Province de Liège. Si l’on regarde le nombre de candidats spécialistes en ophtalmologie par province, la situation dans le Luxembourg restera sans doute préoccupante à l’avenir avec actuellement 1 seul médecin candidat domicilié dans le Luxembourg (6 en Brabant wallon, 7 dans le Hainaut, 15 à Liège et 4 en Province de Namur). Le domicile actuel des médecins en formation n’est cependant pas forcément indicatif du choix qui sera fait pour l’exercice de la profession une fois la formation terminée. L’un des enjeux majeurs dans le futur est dès lors d’identifier un outil permettant de cartographier l’offre et la répartition des médecins spécialistes sur le territoire afin d’objectiver les besoins du terrain et de répondre à une pénurie éventuelle en réalisant des actions plus spécifiques, comme cela a été le cas avec le projet IMPULSEO dont la démarche vise à l’installation des médecins généralistes dans des zones de pénurie en leur octroyant, notamment, une subvention. À ce jour, les discussions sur ce sujet sont encore en cours, mais aucune action n’a encore abondé en ce sens. Le recensement des médecins spécialistes pourrait toutefois se heurter à plusieurs difficultés. La première source d’information à cet égard est l’INAMI : les médecins sont censés indiquer et surtout mettre à jour les données relatives à leur(s) lieu(x) d’exercice, mais cela n’est pas fait systématiquement et les données ne sont pas forcément correctes et à jour. En ce qui concerne les ophtalmologues, il n’est pas rare qu’ils consultent à plusieurs endroits différents qui ne sont pas toujours dans la même province. Ces différents lieux d’exercice (par exemple des polycliniques décentralisées de certains hôpitaux) ne sont pas forcément référencés sur le site de l’INAMI. Si un cadastre a pu être réalisé pour les médecins généralistes, c’est grâce à l’aide précieuse des cercles de médecins auquel chaque généraliste doit s’inscrire. Un tel type de structure n’existe pas pour les spécialistes. Sans source de données fiable, un recensement des spécialistes apparait à l’heure actuelle extrêmement difficile. Reste à se fonder sur l’accord de coopération en cours d’élaboration entre toutes les entités, fédérale et fédérées, sur la base de données COBRHA qui répertorie tous les professionnels de santé et dont la perspective de développement est fondée sur l’alimentation et la mise à jour des données par les professionnels de santé eux-mêmes. Mais elle ne répondra pas à toutes les questions comme la répartition des périodes de travail dans chacun des lieux d’exercice, en l’état actuel, comme le fait le cadastre de la médecine générale établi dans le cadre de la collaboration entre l’AViQ et les cercles de médecine générale dès lors qu’il n'existe pas d’association analogue pour les médecins spécialistes comme exposé ci-avant. Quant à l’avancement des travaux de la Commission de planification, j’invite l’honorable membre à interpeller ma Collègue, Madame Glatigny, Ministre à la Fédération Wallonie-Bruxelles et en charge de cette Commission.

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