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Le dépistage du cancer colorectal

  • Anne Laffut
  • 19 mars
  • 3 min de lecture

  • Question écrite du 19/03/2026
    • de LAFFUT Anne

    • à COPPIETERS Yves, Ministre de la Santé, de l'Environnement, des Solidarités et de l'Economie sociale


    Toujours trop peu de Wallons répondent positivement à l'invitation qui leur est adressée de participer au dépistage du cancer colorectal qui pourtant cause la mort de 2 500 personnes chaque année en Belgique.


    En 2025, le taux de participation était de 23 % en Wallonie pour un taux de couverture (c'est-à-dire le nombre de personnes qui font le dépistage à domicile plus celles qui ont passé une coloscopie [spontanée ou après un test positif] de 33 %, en hausse de 1 à 2 % chaque année grâce aux campagnes de sensibilisation [l'Europe préconise un taux de 65 %].


    Quelles mesures comptez-vous mettre en place pour booster ce taux de couverture et parvenir à une progression significative du nombre de Wallons en ordre de dépistage ?


    D'autre part, on observe une hausse significative du cancer du côlon auprès d'une population jeune, éloignée des campagnes de dépistage s'adressant aux 50-74 ans.


    Avec 7 % des diagnostics posés chez des personnes de moins de 50 ans, le cancer du côlon reste moins fréquent en chiffres absolus, mais la proportion de cas parmi les plus jeunes (15-39 ans avec 646 nouveaux cas en 2023 contre 450 en 2004) augmente d'année en année. De plus, chez eux, la maladie est plus souvent détectée à un stade avancé : parce qu'elle est moins attendue à un jeune âge, les signaux d'alerte sont parfois reconnus plus tardivement.


    Quelles mesures de prévention M. le Ministre compte-t-il mettre en place pour toucher cette population et la sensibiliser au dépistage ?


  • Réponse du 08/04/2026
    • de COPPIETERS Yves


    Le cancer colorectal est, selon le Registre belge du Cancer (BCR), le 3e cancer le plus fréquent tant chez les hommes que chez les femmes. C’est un peu plus de 7800 nouveaux diagnostics en 2023 et 2400 décès en 2021 pour l’ensemble de la Belgique. En Wallonie, on comptait en 2022, 2631 nouveaux cas et 864 décès (pour l’année 2021).


    Il présente un taux de survie à 5 ans de 70,5 %. Dépisté précocement, il se guérit pourtant dans 90 % des cas. Le cancer colorectal a la particularité d’être tout à fait asymptomatique pendant assez longtemps, d’où l’importance d’un dépistage systématique.


    Le dépistage organisé du cancer colorectal est proposé gratuitement à tous les Wallons entre 50 et 74 ans grâce à un kit envoyé directement à la maison. Le kit peut être retiré en pharmacie ou en ligne sur le site du CCREF, qui a la charge de l’organisation de ce dépistage, et qui est d’ailleurs le Centre d’Opérationnalisation en Médecine préventive agréé par la Région wallonne.


    Concernant les taux de participation au dépistage, sur la base des données issues de l’AIM, on voit une évolution depuis 2021. Ainsi, l’AIM recensait en 2021, des taux de 28,5 % de participation pour les hommes et 29,9 % pour les femmes (tous âges confondus) ; en 2022, 30,4 % et 31,9 % respectivement pour les hommes et les femmes ; en 2023, 31,9 % et 33,6 % ; et pour 2024 (dont les données sont encore incomplètes), respectivement 34 et 35,8 %. On voit donc que les taux de participation augmentent sensiblement.


    De nouvelles mesures ont néanmoins été adoptées, à commencer par le projet de distribution des kits en officine. Avec ce projet, on permet aux pharmaciens de renforcer les messages relatifs à ce dépistage, d’améliorer la compréhension de la population et d’augmenter les taux de participation.


    Un autre projet intéressant est celui du Mammobus en Provinces de Liège et de Luxembourg, qui en plus des mammotests, propose aussi la distribution des kits de dépistage au cancer colorectal en l’accompagnant d’une explication.


    Ces projets étant toujours en cours, je ne dispose pas encore de l’évolution des chiffres, mais les premiers constats faits par le CCREF sont assez encourageants.


    Concernant les campagnes spécifiques, à l’occasion de Mars Bleu, l’AViQ organise une campagne en vue d’informer la population sur le sujet, au travers d’une capsule vidéo, d’articles dans ses publications, sur son site, de newsletters envoyées vers les professionnels…


    L’impact de ces différentes mesures sur les taux de participation devrait pouvoir être documenté par la suite.


    Pour conclure ce point, cette politique de prévention s’inscrit dans la Programmation wallonne de Promotion de la Santé et de la Prévention qui prévoit l’Agrément de Centres d’Opérationnalisation en Médecine préventive (COMP). Cette Programmation est d’ailleurs en cours d’évaluation et la rédaction de la prochaine démarrera très bientôt.


    J’en viens et en terminerai avec la question relative au dépistage chez les moins de 50 ans. Au vu des statistiques les concernant, un dépistage systématique n’est pas recommandé. En revanche, un dépistage ciblé existe déjà et est même recommandé pour les personnes qui ont des antécédents familiaux de cancer colorectal ou qui sont atteintes de maladies génétiques (comme le syndrome de Lynch) ou de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin.

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