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L’ÉTAT ACTUEL DU PAYSAGE DE LA FORMATION ET DE L’INSERTION SOCIOPROFESSIONNELLE EN WALLONIE


QUESTION ORALE DE MME LAFFUT À MME MORREALE, MINISTRE DE L’EMPLOI, DE LA FORMATION, DE LA SANTÉ, DE L’ACTION SOCIALE ET DE L’ÉCONOMIE SOCIALE, DE L’ÉGALITÉ DES CHANCES ET DES DROITS DES FEMMES, SUR « L’ÉTAT ACTUEL DU PAYSAGE DE LA FORMATION ET DE L’INSERTION SOCIOPROFESSIONNELLE EN WALLONIE »


M. le Président. – L’ordre du jour appelle la question orale de Mme Laffut à Mme Morreale, Ministre de l’Emploi, de la Formation, de la Santé, de l’Action sociale et de l’Économie sociale, de l’Égalité des chances et des Droits des femmes, sur « l’état actuel du paysage de la formation et de l’insertion socioprofessionnelle en Wallonie ». La parole est à Mme Laffut pour poser sa question.


Mme Laffut (MR). – Madame la Ministre, une demande récurrente des CISP afin d’améliorer et de pérenniser leur fonctionnement dans l’accompagnement vers l’emploi porte, entre autres, sur la réalisation d’une analyse détaillée, par territoire, de l’offre de l’ensemble des opérateurs présents sur le terrain. Aujourd’hui, en Wallonie, le paysage de la formation et de l’insertion socioprofessionnelle est composé d’une multitude d’opérateurs – ce n’est pas de votre chef, c’est historique –, à savoir le FOREm, la promotion sociale, l’IFAPME, les CISP et les MIRE, auxquels s’ajoutent des propositions émanant de CPAS ou d’organismes privés, au risque de saturer ce paysage et de le rendre illisible, tant pour les opérateurs que pour les demandeurs d’emploi. En outre, on observe bien souvent que cette pléthore d’opérateurs entraîne une sorte de concurrence entre eux qui se révèle, in fine, contre-productive quant à l’objectif de mise à l’emploi des demandeurs. Comptez-vous répondre favorablement à cette demande ? Si oui, par quelles mesures ? Comment envisagez-vous de rationaliser le paysage des opérateurs d’emploi wallons afin de répondre au défi du taux d’emploi sur notre territoire ?


M. le Président. – La parole est à Mme la Ministre Morreale. Mme Morreale, Ministre de l’Emploi, de la Formation, de la Santé, de l’Action sociale et de l’Économie sociale, de l’Égalité des chances et des Droits des femmes.


Madame la Députée, le renforcement de l’efficience de l’action des opérateurs du paysage wallon de la formation et de l’emploi s’opère actuellement au travers de plusieurs dispositifs. La réforme que nous avons votée sur l’accompagnement orienté coaching et solutions des chercheurs d’emploi comprend un dispositif de collaboration entre le FOREm et ses partenaires. Il se concrétise notamment par l’instauration d’une commission régionale de concertation et de commissions sous-régionales, réunissant, sur un même territoire, des représentants des différentes familles de partenaires et du FOREm. Le secteur patronal y est également présent avec un représentant. Ces lieux de dialogue facilitent la coopération opérationnelle entre les acteurs afin de trouver ensemble des solutions concrètes à des problématiques communes en lien avec l’insertion des demandeurs d’emploi. Ils permettent une meilleure articulation des différentes actions proposées par les opérateurs. Les commissions sous-régionales récemment mises en place peuvent jouer un rôle précieux sur le plan local afin d’éviter des phénomènes de concurrence qui pourraient être relevés çà et là. J’ai demandé au FOREm une analyse des besoins de l’écosystème des demandeurs d’emploi selon une approche intégrée et globale. Cette analyse sera réalisée en 2024 pour obtenir des résultats début 2025. Ceux-ci pourront soutenir les réflexions du Gouvernement afin d’améliorer l’efficience des opérateurs de l’insertion socioprofessionnelle. J’ai confié aux instances bassins un rôle d’appui au pilotage de l’enseignement qualifiant et de la formation professionnelle pour veiller à la cohérence de leurs offres et orienter celles-ci au regard des besoins socioéconomiques et de l’offre existante. Il s’agit notamment d’éviter les doublons et voir si des options peuvent être mises davantage en exergue parce qu’elles correspondraient à des métiers en pénurie. Ce travail permet de poser un diagnostic exhaustif des zones concurrentielles du paysage de la formation afin de déterminer les orientations stratégiques d’une rationalisation du paysage. Il me semble également utile de rappeler que, l’an dernier, nous avons adopté, avec le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le Gouvernement bruxellois et la COCOF, une note d’orientation relative à la méthodologie à mettre en œuvre en vue du renforcement transversal de l’enseignement qualifiant et de la formation professionnelle. Les Gouvernements ont été chargés d’établir des scénarios permettant d’aboutir à une ou plusieurs visions de réformes à mener s’agissant de l’alternance, de l’enseignement qualifiant et de la formation professionnelle dans l’espace francophone. Une nouvelle convention-cadre de partenariat a été signée avec l’association « Agir pour l’enseignement » jusqu’au 31 décembre de l’année prochaine. L’association sera chargée de concerter les opérateurs de la formation et de l’enseignement ainsi que les partenaires sociaux et environnementaux, et d’identifier, sur la base des conclusions de l’état des lieux, de grands scénarios de réforme, l’objectif étant bien de renforcer l’efficacité de nos politiques publiques en matière de formation, d’alternance et d’enseignement qualifiant.


M. le Président. – La parole est à Mme Laffut.


Mme Laffut (MR). – Je vous remercie, Madame la Ministre, pour cette réponse. Je ne doute pas de la bonne volonté et de l’efficience des opérateurs sur le terrain. Je pense plutôt qu’ils sont trop nombreux et que la concurrence n’est pas toujours voulue, mais qu’elle existe. Je me réjouis qu’un état des lieux et une méthodologie permettent de déterminer de grands scénarios. Il est clair que ce ne sera pas avant la fin de cette législature puisque le chantier est énorme. Ce qui est frustrant pour l’ensemble des opérateurs, c’est qu’une formation – par exemple, en maçonnerie est donnée dans un rayon de 2 kilomètres par le FOREm, par les maisons de l’emploi et parfois par les CISP, qu’ils ont trois inscriptions chacun et qu’aucun n’ouvre la formation. Ces scénarios et cette vision, c’est plus qu’une analyse ; c’est une restructuration du paysage de la formation, qu’elle soit professionnelle, en alternance ou dans le cadre de l’enseignement qualifiant. Cette réforme est indispensable sur le long terme pour essayer d’apporter le plus d’efficience possible afin d’accompagner les demandeurs d’emploi.

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